Le Brésil a été profondément choqué par l’assassinat de Mestre Moa do Katendê, une figure emblématique de la culture afro-brésilienne. Son meurtre, survenu dans la ville de Salvador, a provoqué une vague d’émotion et ravivé les tensions politiques à quelques semaines d’une élection présidentielle particulièrement divisée.
Selon les témoignages recueillis par les autorités, le drame s’est produit dans un bar de Salvador après une discussion politique. Au cours de la soirée, un homme aurait entamé un débat avec le capoeiriste à propos de l’élection présidentielle. Après une altercation verbale, l’agresseur serait revenu armé d’un couteau et l’aurait poignardé à plusieurs reprises, provoquant sa mort.
L’affaire a rapidement pris une dimension nationale, beaucoup y voyant le symbole de la polarisation politique extrême qui traverse le pays.
De son vrai nom Reginaldo Rosário da Costa, Mestre Moa do Katendê était un maître de capoeira et un défenseur reconnu de la culture afro-brésilienne. Pendant des décennies, il a contribué à faire connaître à travers le monde les traditions culturelles issues de la diaspora africaine au Brésil.
Très impliqué dans la vie culturelle de Bahia, il avait notamment participé au développement des Afro-Blocos, des groupes musicaux et culturels qui valorisent l’identité noire lors du célèbre carnaval de Salvador et avait également fondé le groupe Amigos do Katendê Afoxé, contribuant à la renaissance de ces expressions culturelles afro-brésiliennes dans les années 1990.
À l’approche du second tour de l’élection présidentielle, plusieurs organisations ont dénoncé un climat de tensions et d’intolérance croissant. Et pour de nombreux observateurs, cette tragédie illustre les divisions profondes qui traversent la société brésilienne, notamment autour des questions de politique, d’identité et de justice sociale.