Depuis le 22 mars 2026, la Chine a engagé une tournée diplomatique de haut niveau en Afrique, avec des étapes clés au Kenya, en Afrique du Sud et aux Seychelles. Derrière cette visite, un objectif assumé celui de sécuriser ses intérêts stratégiques sur le continent et renforcer son influence face aux grandes puissances.
C’est le vice-président chinois Han Zheng qui mène cette offensive diplomatique. Pendant plusieurs jours, il enchaîne les rencontres avec les dirigeants de trois pays considérés comme stratégiques.
Le choix de ces destinations n’a rien d’un hasard. Le Kenya, est un véritable hub économique en Afrique de l’Est et un point d’ancrage des infrastructures chinoises ; l’Afrique du Sud, est un poids lourd du continent et partenaire clé au sein des BRICS et les Seychelles, territoire stratégique au cœur de l’océan Indien.
Cette tournée s’inscrit dans une dynamique plus large celle d’un renforcement des relations sino-africaines, déjà consolidées ces dernières années à travers des projets d’infrastructures, des investissements et des accords commerciaux.
Pékin avance ses pions
Derrière les discours officiels de coopération, les enjeux sont multiples. La Chine cherche à sécuriser ses routes commerciales, renforcer son accès aux ressources, consolider ses alliances politiques et étendre son influence dans des zones stratégiques
Dans l’océan Indien, les Seychelles représentent un point clé pour les questions maritimes et sécuritaires. En Afrique du Sud, les discussions portent notamment sur les échanges économiques et industriels tandis qu’au Kenya, il incarne l’un des symboles majeurs de la présence chinoise avec ses grands projets d’infrastructures.
Cette offensive intervient dans un contexte de compétition mondiale accrue en Afrique. Face aux États-Unis, à l’Union européenne ou encore à la Russie, Pékin entend conserver sa place de partenaire incontournable du continent.
Depuis plusieurs années, la Chine développe une stratégie progressive mais efficace, basée sur les investissements, les partenariats économiques et les échanges diplomatiques.
Le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) reste d’ailleurs un pilier central de cette approche, favorisant une coopération élargie dans des domaines clés comme les infrastructures, le numérique ou encore l’énergie.
Une présence qui interroge
Si certains pays africains voient dans cette coopération une opportunité de développement, d’autres voix s’élèvent pour dénoncer une dépendance croissante. La multiplication des projets financés par Pékin, souvent accompagnés de prêts importants, alimente les débats sur la souveraineté économique et politique.
Au-delà des accords et des rencontres diplomatiques, cette offensive démontre à suffisance que l’Afrique est devenue un terrain central de la compétition entre grandes puissances. Et à travers cette tournée, Pékin montre qu’elle entend jouer un rôle de premier plan dans les équilibres à venir.