À 29 ans, Luidgi Grimoire partage son temps entre le 8e RPIMa, à Castres, et les entraînements de MMA au Montagne Noire Combat Libre. Champion de France amateur en 2024, puis sélectionné en équipe de France pour les Mondiaux amateurs en 2025, le Réunionnais affiche un bilan de 11 victoires pour 3 défaites. Sa participation à « L’Arène », la compétition de MMA diffusée sur Netflix avec Ciryl Gane, Cédric Doumbè et Benoît Saint Denis, donne une nouvelle visibilité à un parcours construit loin des projecteurs.
Dans cette interview, le soldat raconte le passage de la caserne à la cage, sans présenter ces deux univers comme incompatibles. La discipline acquise dans l’armée l’aide à tenir le rythme des préparations, mais elle ne remplace ni le travail technique ni les heures passées au club. Entre service, famille et ambitions sportives, Grimoire avance avec une organisation millimétrée.
La visibilité de l’émission pourrait ouvrir des portes et accélérer sa progression vers le haut niveau. Mais pour le combattant, l’enjeu dépasse une éventuelle reconversion à temps plein : il veut aussi montrer aux jeunes que l’origine ou le contexte de départ ne déterminent pas la suite d’un parcours.
Luidgi Grimoire, du 8e RPIMa à « L’Arène » sur Netflix
Se découvrir à l’écran sur une plateforme internationale reste une expérience singulière pour Grimoire. Il en retient surtout la fierté de représenter son club, son régiment, son île et son pays dans une émission consacrée au MMA.
Le cadre médiatique ajoute une pression particulière à celle de la compétition, avec 100 000 euros et un contrat professionnel en jeu. Grimoire explique avoir choisi de rester concentré sur sa performance, sans chercher à jouer un rôle pour les caméras.
Rester soi-même sous la pression des caméras
Dans une compétition filmée, la tentation peut être de se montrer davantage. Le Réunionnais a préféré rester fidèle à sa personnalité et à ses principes, en abordant chaque étape avec la même priorité : donner le meilleur de lui-même.
Cette retenue correspond à une approche déjà éprouvée dans son parcours amateur. Champion de France en 2024, il a ensuite rejoint la sélection nationale pour les championnats du monde amateurs en 2025. « L’Arène » élargit aujourd’hui son audience, mais ne remplace pas le travail qui l’a conduit jusque-là.
La discipline militaire au service du combattant
Pour Luidgi Grimoire, la caserne et la cage restent deux environnements distincts, mais certaines exigences se rejoignent. La rigueur, la capacité à continuer malgré la fatigue et le sang-froid dans les moments difficiles sont des acquis du quotidien militaire qu’il mobilise aussi dans les sports de combat.
Cette discipline prend une forme très concrète dans son emploi du temps. Quand le service le permet, il utilise les infrastructures du régiment pour sa préparation physique ; à l’approche d’un combat, il lui arrive de se lever plus tôt afin de placer une séance avant sa journée de travail, puis de rejoindre son club le soir.
Un quotidien réglé entre le service et le club
Concilier deux activités exigeantes ne laisse guère de place à l’improvisation. Le soutien de sa femme et de sa famille compte dans cet équilibre, tout comme celui de ses frères d’armes et de sa hiérarchie, qu’il dit avoir ressenti pendant l’aventure télévisée.
Représenter son régiment et les forces armées dans « L’Arène » a ainsi donné une dimension collective à une expérience individuelle. Derrière chaque séance, il y a une organisation qui permet au soldat et au combattant de poursuivre leurs objectifs sans sacrifier l’un à l’autre.
Quelle suite après « L’Arène » pour Luidgi Grimoire ?
Avec son entraîneur, Grimoire envisage de franchir un nouveau cap. La visibilité offerte par Netflix pourrait attirer des opportunités et l’aider à évoluer vers le plus haut niveau, mais il ne présente pas encore cette exposition comme le déclencheur d’une reconversion définitive à temps plein.
Son ambition reste d’abord sportive : continuer à progresser et mesurer ce que cette expérience peut apporter à la suite de sa carrière. Le passage chez les professionnels est une perspective à étudier avec son coach, pas une décision annoncée comme déjà actée.
Au-delà des résultats, le combattant veut aussi transmettre un message aux plus jeunes. Son chemin, de La Réunion à Castres puis des entraînements aux championnats nationaux, lui sert d’exemple pour rappeler qu’une passion et un objectif peuvent aider à se dépasser, quel que soit le milieu d’où l’on vient.